Merci Mercy

Aujourd'hui je ne prends pas la plume pour vous faire sourire, évoquer mon ras-le-bol de la publicité "Comme j'aime", mais pour évoquer le malaise qui m'a frappée récemment. Mon sentiment de malaise a grandi le week-end dernier, en voyant ces images d'activistes identitaires dans les Alpes, voulant barrer la route aux migrants. Sur les réseaux sociaux, le hashtag "crétins des alpes" m'a alors rassurée, me disant que la plupart des Français n'approuvait pas ces actions.
Ces identitaires ne sont rien par rapport à tous ces bénévoles qui tendent la main aux migrants, qui donnent aux associations caritatives. Près de chez moi, depuis trois ans, la commune de Pessat-Villeneuve fait œuvre d'une solidarité exemplaire à travers l'ouverture d'un centre d'accueil et d'orientation à destination des migrants. Elle a même été la première commune du Puy-de-Dôme à s'engager dans cette démarche, entre humanisme et gestion de l'urgence. 
Si cette question des migrants me touche profondément,  c'est que je suis moi-même fille et petite-fille de migrants. Mes grands-parents maternels, ma mère et son frère ont quitté le Portugal pour Digoin, en Saône-et-Loire, en 1959. Ma mère n'avait alors que 7 ans. Mes grands-parents paternels et leurs 4 garçons dont mon père, ont suivi le même chemin pour arriver à Bert, dans l'Allier, en 1961. Mon père avait quant à lui 13 ans. Le récit par ce dernier de la traversée de l'Espagne et de la France en train est à jamais gravé dans ma mémoire. L'arrivée dans ce village auvergnat, le racisme des habitants qui n'avaient alors jamais vu un étranger, me bouleversent encore aujourd'hui. Mon père me racontait qu'un jour, alors qu'il cherchait avec ses frères du pétrole pour allumer leurs lampes, les volets des maisons de Bert se refermaient sur leur passage. Ma mère a également connu des moments difficiles, notamment à l'école primaire, où elle n'était souvent qu'une Portugaise. 
Aujourd'hui, une chanson dédiée aux migrants trotte dans ma tête : c'est "Mercy" du groupe "Madame monsieur". Il y a quelques jours, une équipe de journaliste français a retrouvé la trace de la fillette qui a inspirée le morceau. "Je suis née ce matin,  Je m'appelle Mercy" les premières phrases de la chanson racontent l'histoire de la petite fille nigériane née sur l'Aquarius en mars 2017, 3 jours après le sauvetage de sa mère par l'équipe du bateau humanitaire. Désormais la mère et son enfant, prises en charges par les autorités italiennes, vivent dans le plus grand camp de réfugiés d'Europe. Leur histoire m'a beaucoup émue. Désormais je fredonne cette chanson en pensant aux migrants d'hier et d'aujourd'hui. Pour la première fois,  je supporterai la délégation française le 12 mai lors du concours de l'Eurovision. Merci Mercy

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